Prendre rendez-vous E-mail 01 84 16 45 47

Risque10 min de lecture

Rendement, risque, liquidité : les trois dimensions d'une décision

Ce que l'on espère gagner, ce que l'on accepte de perdre, et le délai dans lequel on peut récupérer son argent. On peut en optimiser deux, jamais trois.

Toute décision financière se prend dans un espace à trois dimensions : ce que l'on espère gagner, ce que l'on accepte de perdre, et le délai dans lequel on peut récupérer son argent. On peut en optimiser deux. Jamais trois.

Le triangle qu'on ne peut pas contourner

Un placement qui rapporte beaucoup, ne perd jamais et se récupère en vingt-quatre heures n'existe pas. Chaque fois qu'un tel produit apparaît, l'une des trois dimensions a été déplacée hors du champ de vision : la perte est possible mais rare, la liquidité est contractuelle mais suspendue en cas de tension, ou le rendement affiché est un objectif et non un engagement.

Ce n'est pas une règle morale, c'est une conséquence de la concurrence. Si un actif offrait durablement les trois qualités à la fois, les capitaux s'y porteraient jusqu'à ce que son prix monte et que son rendement redevienne ordinaire.

La bonne question n'est jamais de savoir si un placement est bon. Elle est de savoir laquelle des trois dimensions vous acceptez de dégrader, et si vous êtes correctement payé pour cette dégradation.
RENDEMENTLIQUIDITÉMAÎTRISE DU RISQUEOn peut en optimiser deux.Jamais trois.Rendement+ liquidité= risque assuméRendement+ risque maîtrisé= immobilisationLiquidité + risque maîtrisé= rendement sacrifié
Chaque décision financière choisit deux sommets et paie le troisième. La seule question utile est de savoir lequel a été dégradé, et à quel prix.

Le rendement : ce que l'on croit mesurer

Un rendement ne veut rien dire tant que trois précisions n'ont pas été apportées.

  • Brut ou net. Net de quoi : de frais de gestion, de frais d'entrée, de droits de garde, de fiscalité ? L'écart entre un rendement brut et un rendement réellement perçu dépasse couramment un point par an, ce qui, sur vingt ans, change le capital final de plus d'un cinquième.
  • Nominal ou réel. Un placement qui rapporte 3 % quand les prix montent de 3 % n'a rien rapporté. Le seul rendement qui compte est celui qui subsiste après l'inflation, et c'est précisément celui que les supports garantis peinent à produire sur longue période.
  • Réalisé ou espéré. Un rendement passé est un fait, un rendement cible est une hypothèse. Les deux s'écrivent avec le même signe de pourcentage et n'ont pas la même nature.

Cette dernière confusion est la plus coûteuse. Elle conduit à comparer une performance historique d'actions cotées, qui est un constat, avec un taux cible de dette privée, qui est une intention. Ces deux nombres ne se comparent pas.

Le risque n'est pas la volatilité

La finance mesure traditionnellement le risque par la volatilité, c'est-à-dire l'amplitude des variations de prix. C'est commode, parce que cela se calcule. Mais un investisseur ne subit pas une variation : il subit une perte définitive, ou une vente contrainte au mauvais moment.

Nous préférons donc distinguer trois choses que le mot risque recouvre.

  • Le risque de perte permanente. L'entreprise fait faillite, l'émetteur ne rembourse pas, l'actif ne vaut plus ce qu'il valait. Rien ne revient jamais.
  • Le risque de fluctuation. Le prix baisse puis remonte. Il n'est dangereux que si l'on doit vendre pendant la baisse, autrement dit s'il rencontre un besoin de liquidité.
  • Le risque de ne pas atteindre son objectif. C'est le plus ignoré, et souvent le plus réel : un capital placé trop prudemment pendant trente ans ne perd pas d'argent, mais n'achète plus, au terme, ce qu'il devait acheter.

Un support en euros ne fluctue pas et peut pourtant faire manquer un objectif de retraite. Un portefeuille d'actions fluctue beaucoup et peut pourtant être le seul à le tenir. Le risque doit se lire par rapport à un objectif et à un horizon, jamais dans l'absolu.

La liquidité, dimension oubliée jusqu'au jour où elle décide de tout

La liquidité est la capacité à transformer un actif en argent disponible, rapidement et sans décote. Elle est presque toujours négligée dans les comparaisons, parce qu'elle ne se manifeste pas tant qu'on n'en a pas besoin.

Elle se décline en degrés. Un compte à vue est immédiat. Un fonds coté se vend en quelques jours. Une assurance-vie se rachète en quelques semaines. Un immeuble se cède en quelques mois, davantage si le marché se retourne. Une part de fonds de private equity ne se cède pas du tout avant l'échéance, sauf à passer par le marché secondaire et à accepter une décote.

La liquidité ne se juge pas dans un marché normal, où tout se vend. Elle se juge dans un marché tendu, où tout le monde veut vendre en même temps : c'est exactement le moment où l'on en a besoin.

C'est pourquoi la prime d'illiquidité, ce supplément de rendement censé payer l'immobilisation, doit être examinée avec attention. Elle est réelle sur certains actifs privés. Elle est parfois inexistante sur des supports dont la seule différence avec un fonds coté est l'impossibilité d'en sortir.

Ce que la prime d'illiquidité n'est pas

Elle n'est pas une prime de qualité. Un actif illiquide n'est pas meilleur qu'un actif liquide, il est simplement plus difficile à vendre. Si le rendement supplémentaire ne compense pas cette contrainte, l'illiquidité n'est pas un inconvénient rémunéré : c'est un inconvénient subi. La question mérite d'être posée, et elle appelle une réponse chiffrée : combien de points de rendement supplémentaires cette immobilisation rapporte-t-elle par rapport à l'équivalent liquide ?

Comment le triangle organise un patrimoine

La conséquence pratique est que l'allocation ne se raisonne pas par produit, mais par horizon. À chaque horizon correspond une combinaison acceptable des trois dimensions.

Un besoin à moins de deux ans commande la liquidité et exclut la fluctuation : le rendement y est la variable sacrifiée, et c'est normal. Un horizon de cinq à dix ans permet d'accepter la fluctuation, à condition de ne pas avoir besoin des fonds pendant une baisse. Au-delà de dix ans, l'illiquidité devient rémunérable, et le risque principal n'est plus la volatilité mais l'érosion monétaire.

C'est ce raisonnement qui nous conduit à privilégier les actifs réels sur la durée longue. Les actions d'entreprises, l'or et l'immobilier partagent une propriété que les créances nominales n'ont pas : leur valeur est adossée à des choses, des revenus ou des actifs qui se reprennent avec les prix. Sur trente ans, c'est la seule protection sérieuse contre l'érosion de la monnaie.

Cela ne dit rien de ce que ces actifs feront sur trois ans, et c'est précisément l'objet du triangle : un capital dont vous aurez besoin dans dix-huit mois n'a rien à faire en actions, quelle que soit la qualité du raisonnement de long terme.

Nos simulateurs permettent de chiffrer cet arbitrage : projeter une épargne sur un horizon donné, ou mesurer le capital nécessaire à un revenu complémentaire, met en évidence ce que chaque dimension coûte réellement.

Ce qu'il faut en retenir

Aucune décision financière ne se juge sur une seule dimension. Un rendement se lit toujours net, réel, et en distinguant le constaté de l'espéré. Le risque se mesure par rapport à un objectif, pas par une statistique de variation. Et la liquidité doit être vérifiée dans le scénario tendu, pas dans le scénario normal.

Lorsqu'un placement vous est présenté comme supérieur sur les trois axes à la fois, la question n'est pas de savoir s'il l'est. Elle est de trouver où la contrainte a été déplacée.

Ce sujet vous concerne ?

Nous vous proposons trente minutes pour en parler. Vous exposez votre projet ou votre situation, nous vous disons ce qui nous paraît pertinent et ce qui ne l'est pas. Sans engagement et sans honoraires.

Prendre trente minutes

Cet article a une vocation générale et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement, ni une incitation à acheter ou à céder un instrument financier. Il ne tient compte ni de votre situation, ni de vos objectifs, ni de votre horizon, ni de votre tolérance au risque. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Rédigé par Tirtha Financial Advisory.

Premier échange

Chaque trajectoire commence par une conversation.

Parlez-nous de votre situation, de votre projet ou simplement de vos réflexions. Le premier échange est sans engagement.

Prendre rendez-vous